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Le Leica CL.

par

Michel Pourny.

 

 

[CL avec ses optiques]

 

Compact Leica : CL. Son nom dès l'origine indique sa fonction : un appareil de poche, qu'on emmène partout et qui grâce à ses deux optiques répond à la quasi-totalité des besoins. Il est le fruit d'une collaboration de Leitz avec Minolta, sans concession à la qualité de sa construction. Quoique... Le rideau du premier était percé. L'obturateur du deuxième se bloqua. Les deux furent remplacés sous garantie. L'appareil qui est toujours en ma possession, bien que ne délivrant plus les vitesses lentes, me donne entière satisfaction depuis 1976.

 

Le boîtier mesure 12,3 x 8 x 4,2cm (6,6cm avec le Summicron de 40mm monté).

 

La monture à baïonnette est celle du Leica M, on peut adapter sur le CL la plupart des optiques M en prenant soin d'éviter celles dont la lentille arrière pénètre profondément dans la chambre : le bras de la cellule risquerait d'être endommagé. C'est le cas des objectifs à monture rentrante, mais aussi de certains grands angulaires comme le Super-Angulon de 21mm et les premiers Elmarit de 28mm. Inversement, le Summicron-C 2 :40 peut être monté sur les boîtiers M, mais la mise au point précise à l'aide du télémètre n'est pas possible. Et le cadre de champ du 40mm n'est pas indiqué dans le viseur.

 

La mise au point est moins précise que celle fournie par les boîtiers M, la base du télémètre étant limitée à 3cm (au lieu de 6,7cm). La plage de mesure apparaît au centre du viseur, le réglage se fait par superposition : la netteté est obtenue quand les contours de l'image sont confondus. Ou par coïncidence, en dirigeant le centre du viseur vers une arête ou une ligne verticale et en tournant la bague jusqu'à ce que cette ligne ne soit plus brisée, mais continue. Une échelle de profondeur de champ est gravée sur la monture de l'objectif.

 

La mesure de l'exposition à travers l'objectif s'effectue lorsque l'obturateur est armé. Elle est sélective et correspond au champ couvert par l'objectif de 90mm quand celui-ci est monté. Elle est d'une surface double dans le cas du 40mm. L'aiguille du posemètre est visible à droite de l'image dans le viseur, elle indique la bonne exposition quand elle se place dans l'échancrure centrale. L'échelle des vitesses est reportée en haut du viseur. Il ne manque que l'indication des diaphragmes, mais avec un peu d'habitude, en comptant les crans...

 

L'obturateur est un peu plus bruyant que celui des boîtiers M, cela est dû je pense au choc provoqué par le retour du levier de la cellule.

 

Les objectifs : le Summicron 2 :40mm est exceptionnel, qui rend des détails d'une grande finesse, jusque sur les bords de l'image.

 

 

Mayence au confluent du Rhin et du Main, patrie de Johannes Gensfleisch dit Gutenberg

Leica CL, Summicron-C 2 :40

 

Leitz proposait en complément un Elmar-C 4 :90MM. Le coût étant dissuasif, j'avais monté un Jupiter 2 :85mm pour Zorki. L'adaptation était facile en intercalant la bague intermédiaire à baïonnette 14098 pour focale de 90mm. Le rendu était intéressant pour les portraits, car d'une certaine douceur, je tirais sur du papier de gradation 4.

 

Pendant quelques années je fus très heureux avec mon CL et le pacte germano-soviétique. Mais j'écrivis quand même à Leitz pour leur demander conseil. Le cadre de visée du CL indiquant le champ du 90, je ne me contentais pas de cette situation bancale. Ils me répondirent qu'en diaphragmant à 8, l'Elmar-C conviendrait. Or pour moi, tout l'intérêt d'un petit téléobjectif, c'était de pouvoir isoler le sujet de l'arrière-plan, en outre c'était bien la peine de s'équiper en matériel Leica pour s'entendre dire que la perfection n'était pas de ce monde.

 

Je me rendis rue Buffault, dans la caverne d'Ali Baba, et j'en sortis (tout nu) avec un joujou qui ne me quittera jamais, compact, incisif (attention au portrait rien ne lui échappe) et léger : le Télé-Elmarit 2,8 :90mm.

 

Passante à Edimbourg, avril 1977

Leica CL, Télé-Elmarit 2,8 :90

 

 

Encore quelques mots sur le boîtier CL. Le chargement n'est pas très facile à cause de la compacité de l'appareil. On ne sait pas où mettre les doigts. Difficile de ne pas laisser une empreinte digitale sur le verre de visée. Le dos se déplace sur glissière et se sépare du boîtier... sans tomber car retenu par la courroie, ce qui est pratique surtout pour les maniaques dans mon genre qui répugnent à égratigner leur beau Leica sur le ciment rugueux d'un mur.

 

Leica CL dos ouvert

 

La plaque presse film est soulevée pour le passage de l'amorce du film, on engage celle-ci dans la fente de la bobine réceptrice, on arme deux fois, on replie le presse film, on met en place le dos de l'appareil, le fermoir est sur la semelle.

 

La macrophotographie n'est pas interdite aux propriétaires de cet appareil : la chambre Visoflex 1 peut être montée.

Leica CL, chambre Visoflex 1, loupe verticale, Elmar 3,5 :50

 

L'Elmar de 50mm monté sur la chambre permet le rapport 1:1. Pour mes premiers essais, j'avais monté mon optique d'agrandisseur Rodagon 4 :85 sur un jeu de bagues allonges, et pour la souplesse du procédé, mon père qui était fraiseur m'avait fabriqué trois bagues de 1, 2 et 3mm. Il suffisait d'approcher ou d'éloigner l'ensemble du dispositif (assez lourd) pour obtenir la netteté désirée. Sujets immobiles toujours ! Car pour les libellules en plein vol...

 

 

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